05 janvier 2006

Quant le préservatif devient robe de soirée !


Source + Crédit photos : Plus news

Dakar fin 2005

Adriana Bertini a une idée fixe : transformer le préservatif, « la meilleure façon de se protéger contre le sida », en un objet de la vie courante, un objet familier que les femmes et les hommes utiliseraient aussi facilement qu'un vêtement.
Entre les mains de cette artiste brésilienne, le préservatif devient robe de soirée, strict tailleur-pantalon, fourreau de fête, brillant et coloré, ou exubérant costume de danseuse de samba, des créations originales qui n'obéissent qu'à un seul maître : le latex.

« Mes vêtements sont des actes militants », affirme Adriana Bertini, de plus en plus célébrée dans son pays et sur la scène de l'activisme international pour sa contribution si particulière à la lutte contre l'épidémie de VIH/SIDA qui ravage le Brésil et l'Afrique.
Ainsi, dix années d'engagement artistique ont valu à cette jeune femme de 33 ans d'être récompensée par le prix Nkosi - du nom d'un enfant sud-africain séropositif -- en décembre 2004 par l'association internationale des médecins contre le sida (IAPAC) basée aux Etats-Unis, une reconnaissance appréciée à sa juste valeur. “C’est encourageant de savoir que mon art est reconnu à travers le monde”, explique-t-elle. “Je ressentais le besoin de créer une nouvelle façon de penser, pour tenter de faire prendre conscience aux gens de la réalité de la situation, pour qu’ils réalisent les risques qu’ils courent avec le VIH et le sida”.Invitée dans la capitale sénégalaise par l’agence des Nations unies pour la culture et l’éducation, l’Unesco, à l’occasion de la troisième conférence africaine pour la recherche sur les aspects sociaux du VIH/SIDA, initiée par le réseau panafricain Sahara, Adriana Bertini a dû, d’abord, faire connaissance avec l’Afrique, un continent qu’elle découvre.“Je me sens très perturbée depuis que je suis ici”, raconte la jeune Brésilienne, qui, pour l’occasion, a présenté cinq modèles, des robes de soirée et un tailleur alignés de façon incongrue entre les stands plutôt austères des organisations de lutte contre le sida.“Je sens qu’il y a beaucoup à dire sur le préservatif, mais en même temps, ça semble très difficile : les gens n’ont pas l’air de comprendre ce que je fais”, explique-t-elle [.....]


[...]Les robes sont conçues comme des sculptures et ne vivent qu’une année. Elles ne sont portées qu’à l’occasion de défilés ou exposées dans des musées et lors de rencontres sur l’épidémie de sida. Le Brésil les accueillent régulièrement, comme la Suède, où une nouvelle exposition est prévue en 2006, et le Sénégal aujourd’hui. “Je voudrais que mon art soit visible partout, pour rappeler aux gens la nécessité de se protéger lors des rapports sexuels”, rappelle Mme Bertini. “Ma réflexion porte sur une mode non pas commerciale mais conceptuelle, consciente ou inconsciente, qui affirme que le préservatif doit être utilisé au bon moment, et non pas en suivant une tendance.”

Pas d’argent pour cause de discrimination

Ainsi, l’argent recueilli par la vente des robes – une pièce peut valoir entre 700 et 5 000 dollars américains – est reversé à des associations de lutte contre la pandémie. Adriana Bertini et les personnes séropositives qui la secondent ne gagnent pas leur vie en les fabriquant, mais dépendent de sponsors qui soutiennent épisodiquement leur travail.

La matière première provient des fabricants de préservatifs : de nombreux accords ont été conclus avec des usines ou des organismes qui la fournissent en produits défectueux ou de contrebande, inutilisables par les consommateurs et destinés à être incinérés ou jetés – ce que cette ancienne militante de Greenpeace pense contraire au respect de l’environnement.

Grâce aux techniques qu’elle a mis au point au cours des dix dernières années – elle découpe, modèle, fond, colle, colorie, sculpte quelquefois sur des modèles vivants --, Adriana Bertini adapte, dit-elle, la ‘créativité brésilienne’ pour faire du préservatif un objet contemporain qui parlerait du plaisir.

Source : Plus news


posted by Papilles et Pupilles at 8:35 PM

8 Comments:

Anonymous menus propos said...

Epoustouflant! Quel message elle fait passer. Je te remercie de me l'avoir fait découvrir.

9:42 PM  
Anonymous frederique said...

ha oui c'est génial !!!
quel message ....superbement bien menné !

10:08 PM  
Anonymous omelette said...

c extra! vraiment impressionant et touchant! bon je sais pas si je le porterai mais c'est vraiment dingue ce qu'elle fait!!!!

11:07 PM  
Anonymous Manue said...

J'y crois,pas.....c'est superbe, quel boulot !!!!!

11:38 PM  
Anonymous Chti Manioc said...

Fallait le faire! J'aime bien les gens qui poussent leurs idées comme ça...

12:16 AM  
Anonymous saveurs sucrees salees said...

Dommage, je ne vois pas les photos !

7:44 AM  
Anonymous Scherneel said...

C'est joli en plus! Merci Kscades de relayer l'info!

11:03 AM  
Anonymous Marie-Laure said...

Les robes sont magnifiques. Merci pour cet article Anne.

10:05 AM  

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